
Aujourd'hui, tous les fournisseurs de cloud affirment qu’ils ont une démarche écologique. Certains d’entre eux sont en mesure d’étayer leur affirmation avec des chiffres audités. D’autres ne font en revanche que de simples promesses en affichant une icône en forme de feuille. Si la durabilité est l'un de vos critères de sélection d’un fournisseur de cloud, vous aurez besoin d'un moyen fiable de les distinguer.
Ce guide vous présente trois critères qui vous aideront à évaluer un fournisseur de cloud durable. D’abord, la manière dont il mesure son impact. Ensuite, comment il gère le matériel tout au long de son cycle de vie. Enfin, s'il investit dans la recherche pour aller plus loin. Pour chacun de ces critères, vous trouverez les questions à vous poser et un exemple concret d’OVHcloud avec FrugalCloud, un challenge de recherche mené avec l’Inria.
Pourquoi les allégations écologiques sont difficiles à comparer
Les enjeux sont réels. En Europe, le numérique représente 2 à 3 % de la consommation d’électricité. Les datacenters représentent quant à eux près de la moitié de cette part. Avec la montée en puissance de l’IA, la part du secteur dans les émissions carbone devrait doubler, voire tripler, d’ici 2030.
Pourtant, comparer les fournisseurs est plus difficile qu'il ne devrait l'être. Les indicateurs changent d'un rapport à l'autre, certaines empreintes carbone ne tiennent pas compte des émissions liées à la fabrication des serveurs et les labels comme « neutre en carbone » sont rarement accompagnés d'une méthode publiée. Deux fournisseurs peuvent ainsi prétendre être écologiques, tout en mesurant des choses complètement différentes.
La voie à suivre est de rechercher des preuves vérifiables. Si vous souhaitez en savoir plus sur les indicateurs carbone et leurs biais communs, consultez notre guide sur l’impact carbone des services cloud, qui les aborde en détail. Découvrez en outre ci-dessous trois critères qui vous aideront à choisir un fournisseur de cloud durable.
Mesurer avec des indicateurs standards et audités
Un fournisseur qui prend la durabilité au sérieux mesure son impact avec des indicateurs comparables par toutes et tous. Pour les datacenters, la famille de normes ISO/IEC 30134 définit les principaux critères.
Trois indicateurs à connaître
- Le PUE (Power Usage Effectiveness) compare la consommation totale d’énergie d’un datacenter à celle de son équipement informatique. Plus il est proche de 1, moins l’énergie est consacrée au refroidissement et aux autres consommations annexes.
- Le WUE (Water Usage Effectiveness) mesure la quantité d’eau consommée par kilowattheure d’énergie consacrée aux équipements IT. Plus le CUE est proche de 0, mieux c'est.
- Le taux d’énergie décarbonée indique la part de l’énergie décarbonée qui alimente le datacenter.
Un chiffre unique ne suffit pas. Il est utile de vérifier si les valeurs sont publiées site par site ou seulement sous forme de moyenne, si elles couvrent une année complète et si un organisme indépendant les a auditées.
Ce qu’OVHcloud publie
OVHcloud publie ces indicateurs conformément aux normes ISO 30134-2, -3, -8 et -9 et Apave Exploitation France les a audités au regard de ces normes. Nous calculons notre PUE sur 12 mois sur un périmètre couvrant 88 % de nos datacenters.
Pour l’exercice 2025, le PUE du Groupe se situe en moyenne à 1,24, avec un minimum publié de 1,15. Le chiffre est en baisse par rapport à 1,26 en 2024 et 1,29 en 2023. Son WUE est de 0,34 L/kWh et son taux d’énergie décarbonée est de 100 %. Des valeurs sont également publiées pour chacun des neuf datacenters situés en Europe et en Amérique du Nord. Vous pouvez ainsi voir les performances de chaque site plutôt que de vous en remettre à une moyenne du Groupe.
Ces résultats reposent sur des choix faits depuis plus de vingt ans, comme notre watercooling propriétaire depuis 2003 et des salles serveur sans climatisation depuis 2006. OVHcloud publie également son empreinte carbone depuis 2017.
Lorsque vous évaluez un fournisseur, voici les questions à poser.
- Quelles normes vos indicateurs suivent-ils et qui les audite ?
- Publiez-vous des valeurs par datacenter, sur une année complète ?
- Votre empreinte carbone inclut-elle les émissions de scope 3, comme la fabrication des serveurs ?
Cette dernière question est plus importante qu'il n'y paraît, comme le montre le critère suivant.
Intervention tout au long du cycle de vie du matériel
L’électricité n’est qu’une partie du tableau, car la fabrication des serveurs a elle aussi une empreinte importante. Un PUE bas indique l’efficacité avec laquelle un datacenter fonctionne une fois construit, mais il ne dit rien de l’empreinte liée à la fabrication du matériel en amont. Un fournisseur qui n’optimise que la consommation d’énergie laisse une grande partie de son impact inchangé.
Un modèle industriel intégré fait une réelle différence. OVHcloud conçoit ses propres serveurs et les fabrique dans deux usines, l’une en France et l’autre au Canada. Cette maîtrise de la chaîne de production permet une approche circulaire.
- Nos serveurs sont conçus pour être démontés, avec des composants choisis pour faciliter la réparation, la réutilisation et le recyclage.
- Chaque machine est démontée en fin de service et chaque composant est testé pour trouver la meilleure façon de le réemployer pour une seconde utilisation. Aujourd’hui, 17 composants sur 100 des serveurs OVHcloud sont reconditionnés.
- Les serveurs restent en service en moyenne quatre ans et demi et certains jusqu’à neuf ans. Cela évite une partie des émissions liées à la fabrication de nouveaux serveurs.
- Nous réaffectons les serveurs d'un datacenter à un autre pour répondre aux attentes de nos utilisatrices et utilisateurs. Cela évite également de produire inutilement de nouvelles machines.
- Sur l’ensemble des datacenters d’OVHcloud, 27 sont installés dans des bâtiments réhabilités, ce qui évite l’empreinte liée à une construction neuve.
- Les composants qui ne peuvent pas être réutilisés sont envoyés à des partenaires certifiés, qui les transforment en nouvelles sources de matières premières.
La même logique s'applique aux fournisseurs, qui signent un Code de conduite fournisseur. OVHcloud adhère aux principes du Pacte mondial des Nations unies et aux conventions de l'Organisation internationale du travail. L’infrastructure continue de s’améliorer. Le nouveau système de refroidissement Smart Datacenter réduit la consommation d’énergie jusqu’à 50 % sur l’ensemble du circuit de refroidissement. Il utilise en outre 30 % d’eau en moins que la première conception d’OVHcloud.
Questions à poser à tout fournisseur
- Construisez-vous ou réutilisez-vous votre propre matériel et quelle est la part des composants réutilisés ?
- Quelle est la durée moyenne de fonctionnement de vos serveurs ?
- Que se passe-t-il à la fin de la vie de l'équipement ?
Bien mesurer et gérer le matériel de façon responsable, c’est la préoccupation principale d’aujourd’hui. Le troisième critère porte sur la manière dont un fournisseur se prépare à ce qui vient après.
Investir dans la recherche pour aller plus loin
Des datacenters efficaces et des serveurs à la longue durée de vie résolvent une partie du problème. Les prochains progrès dépendent de questions encore ouvertes, comme la manière de concevoir des logiciels cloud requérant moins d’énergie, ou d’aider la clientèle à réduire l’impact de sa propre activité. Un fournisseur engagé sur le long terme investit dans la recherche sur ces questions.
FrugalCloud en est un exemple. Lancé le 1er octobre 2021, ce défi commun réunit OVHcloud et cinq équipes projet de l'Inria, Institut national de recherche en informatique et en automatique : Avalon, Inocs, Magellan, Spirals et Stack. Il s'appuie sur des chercheuses et chercheurs français de premier plan en informatique durable et distribuée, sous la direction scientifique de Laurent Lefèvre, chercheur Inria à l'ENS de Lyon et spécialiste de longue date de l'efficacité énergétique des systèmes à grande échelle. Le d éfi prendra fin en 2027.
Les travaux s’articulent autour de trois axes de recherche :
- concevoir des logiciels et services cloud de manière écologique, en intégrant des mesures énergétiques et environnementales dans la conception des applications cloud, par exemple les architectures de traitement de flux et de microservices ;
- activer des leviers d’efficacité dans le matériel des datacenters, grâce à des algorithmes et à des logiciels qui exploitent les options de reconfiguration et d’économie d’énergie des serveurs, du stockage et des équipements réseau, testés à échelle réelle ;
- aider la clientèle du cloud à réduire son impact, en explorant de nouveaux modèles, tels que des schémas tarifaires et des catalogues de services optimisés qui encouragent un usage à moindre impact des services cloud et Bare Metal.
Ces axes sont déclinés en sept sous-projets, dont la plupart associent deux équipes Inria avec une ou plusieurs équipes OVHcloud. Les résultats obtenus comprennent une étude sur la consommation d'énergie des moteurs de traitement de flux, une comparaison de compteurs d'énergie basés sur des logiciels et PowerHeat, une méthode non intrusive pour estimer la consommation d'énergie. D’autres travaux montrent comment exécuter plus de machines virtuelles par serveur sans nuire aux performances, ou comment les modèles de tarification peuvent encourager une utilisation moins intensive du cloud.
Sur le plan scientifique, le défi a permis à six doctorantes et doctorants et un post-doctorant de mener leurs recherches, avec plus de 15 publications scientifiques. Elle a également conduit à l'organisation de deux autumn schools, ECO-ICT 2024 et ECO-ICT 2026.
Sur le plan opérationnel, OVHcloud industrialise désormais les résultats du SP7, le sous-projet consacré à l’observation de la consommation électrique des serveurs Bare Metal. Ce travail a deux objectifs :
- alimenter l'Environmental Impact Tracker, afin que les impacts environnementaux soient mesurés aussi près que possible de l'utilisation réelle des services OVHcloud ;
- mesurer le PUE 3, le niveau de résolution le plus avancé disponible aujourd’hui.
« Nos clientes et clients ont des objectifs environnementaux de plus en plus exigeants. En combinant l'expertise d'OVHcloud avec celle des équipes de recherche d'Inria, FrugalCloud améliore l'efficacité de notre cloud et donne à notre clientèle les indicateurs dont elle a besoin pour contrôler et réduire l'empreinte de son utilisation », déclare Maxime Agusti, docteur, responsable technique chez OVHcloud.
Vous pouvez suivre les publications et les conférences sur le site du projet FrugalCloud. Il vaut également la peine de demander à un fournisseur s'il mène ou finance des recherches sur la durabilité, avec quels partenaires et si les résultats sont publiés.
Votre liste de vérification pour un fournisseur de cloud durable
Avant de faire une présélection, vérifiez les trois points suivants :
- les indicateurs de mesure. Ils suivent les normes ISO 30134, sont publiés par datacenter et font l'objet d'un audit indépendant ;
- le cycle de vie. L’empreinte carbone inclut la fabrication et le fournisseur réutilise les composants et prolonge la durée de vie des serveurs ;
- la recherche. Le fournisseur investit dans la recherche à long terme, idéalement avec des partenaires publics et des résultats publiés.
Un fournisseur qui répond à ces trois critères de performance vous donne des preuves que vous pouvez vérifier et suivre dans le temps.
Vérifiez les preuves vous-même
Un fournisseur de cloud véritablement durable ne vous demande pas de le croire sur parole. Il mesure son impact avec des indicateurs standards, agit sur l'ensemble du cycle de vie du matériel et investit dans la recherche pour aller plus loin. Le meilleur point de départ est les chiffres, alors passez en revue les indicateurs et rapports environnementaux d’OVHcloud, site par site et soumettez chaque fournisseur de votre liste à la même procédure.